Survivre à la détresse, s’ouvrir au désir, le tissage de l’éprouvé et du pensé psychanalytique

 

Auteurs du livre :
Elsa Schmid-Kitsikis


Revue : n°28 mai 2017

Auteur de l'article : Simone Sausse-Korff


Schmid-Kitsikis Elsa, Survivre à la détresse, s’ouvrir au désir, le tissage de l’éprouvé et du pensé psychanalytique, In Press, 2016, ISBN 978-2-84835-361-6, 242 p.

Elsa Schmid-Kitsikis, professeur émérite de l’Université de  Genève, membre de la SPP et de la Société Suisse de psychanalyse, nous propose, avec son dernier ouvrage, une belle promenade psychanalytique.

Elle témoigne du travail du psychanalyste au cours d’expériences qui mettent en jeu le traumatisme, ou plutôt les traumatismes divers, auxquels sont confrontés aujourd’hui les cliniciens.

L’auteur raconte des rencontres cliniques très vivantes que le lecteur a plaisir à lire, car Elsa Schmid-Kitsikis nous fait vivre ses éprouvés contre-transférentiels qui rendent compte des mouvements psychiques aussi bien chez le patient que chez l’analyste.

C’est un plaisir encore de voir que les réflexions d’Elsa Schmid-Kitsikis s’appuient sur des références qui ne sont pas uniquement freudiennes, ni franco-françaises, mais s’ouvrent largement aux modèles post-freudiens, et surtout ceux de Bion, qu’Elsa Schmid-Kitsikis connaît bien, ayant publié le volume sur Bion aux PUF. Il est intéressant aussi de voir qu’elle s’appuie sur sa connaissance de l’œuvre de Piaget, négligée ou oubliée actuellement, pour aborder la question de la pensée par images, un des thèmes novateurs de l’ouvrage. « Le contre-transfert ayant acquis depuis ses titres de noblesse, qu’en est-il des liens possibles en séance entre la mise en image de l’infantile chez l’analyste et le recours à l’image chez l’analysé au cours de leur mouvance régressive onirique respective? » Les passages sur les liens sensoriels et la figuration sont pertinents et novateurs, d‘autant plus qu’elle les illustre par des séquences cliniques, ce qui n’est pas si fréquent, ni facile. Ce qui l’amène donc « à cette position limite entre représentation et perception, que suscitent les mouvements transféro/contre-transférentiels, lorsque ceux-ci sont impliqués dans l’enchevêtrement d’associations figuratives qui se mobilisent dans la présence-absence des liens sensoriels, de la motricité et de leur négations. »

Il se dégage de cet ouvrage et de l’approche d’Elsa Schmid-Kitsikis une perspective positive qui valorise les potentialités créatrices enfouies du patient pour dégager ce que l’auteur appelle un espace de vie.

Simone Korff Sausse

 

 

 

 

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