Psychanalyse, vie quotidienne

 

Revue : n°29 septembre 2017

Auteur de l'article : Renate Eiber


ANDRE Jacques, Psychanalyse, vie quotidienne, Paris, Stock, 2015, ISBN 978-2-234-08028-7.

En introduction, l’auteur s’interroge sur la liberté et la psychanalyse qu’il définit de la manière suivante : « trouver la liberté de représenter ce qui restait jusque-là irreprésentable, c’est la vie quotidienne de la psychanalyse ». Avec beaucoup d’humour sont ensuite abordés, sous forme de vignettes cliniques, les réactions des patients mais aussi du psychanalyste aux facteurs extérieurs, par exemple les retards de transports en commun, et les particularités dans le comportement, par exemple la prononciation de certains mots, qui révèlent leur sens au fur et à mesure de l’avancement de l’analyse. De la même manière, l’auteur montre, à l’aide de l’exemple de la constipation, qu’un syndrome a une valence différente selon la psychopathologie sous-jacente.

Particulièrement, intéressante est l’articulation entre perversion et sublimation dans le domaine de la peinture, en prenant l’exemple des peintures de Michelangelo et Leonard da Vinci, et la participation du narcissisme. Ensuite, l’auteur nous expose la différence d’approche de l’avoir et de l’être chez Freud et Stoller. Très saisissant est le souvenir personnel d’un incident lors d’un congrès où André Green fut invité à faire connaître son point de vue sur les deux rapports dont celui de l’auteur qui fut complètement ‘oublié’, exemple appliqué de l’hallucination négative.

Un long chapitre traite de la désolidarisation entre sexe et genre. Pour cela, l’auteur nous fait plonger dans la préhistoire de l’évolution et de la sexualité humaines et dans les particularités de la bisexualité. C’est la culture qui distribue les rôles et distingue en même temps les sexes et ce serait la vue du sexe qui préside à la nomination du genre.

Dans un autre chapitre, l’auteur nous décrit sa rencontre avec Laplanche, et plus tard avec Pontalis, ainsi que les aléas relationnels, toujours avec une pointe d’humour. Pour terminer, il nous fait part de son expérience analytique et ses réflexions au moment des attentats terroristes en janvier 2015 à Paris.

Au total, l’auteur aborde dans ce livre des questions actuelles dans notre contexte culturel.

Rénate Eiber 

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