L’œuvre d’art : un ailleurs familier

 

Revue : n°29 septembre 2017

Auteur de l'article : Renate Eiber


QUATRIEME GROUPE Actes 3, L’œuvre d’art : un ailleurs familier, Paris, Editions In Press, 2014, ISBN 978-2-84835-270-1.

Cet ouvrage collectif s’interroge sur l’énigme de l’art, ce qui permet d’approcher des questions fondamentales de la psychanalyse sous un autre angle que celui du traumatisme, ainsi que sur la relation de l’analyste à l’œuvre d’art.

Le mythe de l’origine de la peinture serait Dibutade qui fait une trace autour d’un corps mort, c’est à dire d’abord un geste qui mène par la suite à la représentation. L’étape suivante est l’exposition qui questionne la place entre dedans-dehors. Comme le processus analytique se déroule dans le cadre de l’analyse, le processus créatif se déroule chez l’artiste quel que soit son art.

La création psychique et la création artistique peuvent être envisagées comme transformation créatrice de formes et de figures. La puissance de création de l’art dévoile l’abîme originaire en lui donnant forme ce qui renvoie à un ailleurs familier. C’est là le moteur de la création.

Autant le chant que la danse renvoient à l’originaire : l’une à la voix de l’enfance et l’autre au corporel. Dans tout processus de création, il y a d’abord une régression formelle de la pensée réinvestissant le perceptif et la sensation pour devenir progrédient dans un second temps. Ainsi, les représentations en tant qu’investissements de traces mnésiques jouent un rôle central dans la création artistique par l’intermédiaire du travail de représentation. Dans toute œuvre d’art est présente l’indice de la trace d’un objet à jamais perdu.

Dans certains cas, la création artistique peut générer un excès d’excitation, contrebalancée par une organisation défensive, comme chez Bacon.

L’œuvre d’art est une énigme sans fin. Faute de tension générée par l’énigme, l’œuvre d’art n’a plus d’intérêt et la cure analytique s’enlise. L’œuvre d’art est l’expression des désirs insatisfaits de l’artiste et l’émotion esthétique est la satisfaction de ceux du spectateur. La création artistique est un travail de liaison pulsionnelle, et est inconsciente. Le processus créatif émerge du besoin de s’affranchir de la souffrance psychique.

Au total, il existe une analogie entre création artistique et acte psychanalytique.

Rénate Eiber

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