L’événement juvénile dans la cure de l’adolescent et de l’adulte

 

Auteurs du livre :
Jean-François Solal
Tristan Garcia-Fons


Revue : n°26 juillet 2016

Auteur de l'article : Audrey Burtey


 Garcia-Fons Tristan et Solal Jean-François, L’événement juvénile dans la cure de l’adolescent et de l’adulte, Paris, Puf, 2016, 240 p., ISBN 978-2-13-073361-4

Ce livre s’est construit à quatre mains par Tristan Garcia-Fons et Jean-François Solal tous deux membres de la SPF et à partir d’un séminaire théorico-clinique sur l’adolescence.

L’événement juvénile nous transporte sous un angle toujours transférentiel à réfléchir à ce processus adolescent qui comme le disent les auteurs, se réactualise à tous les âges de la vie (« la crise de la quarantaine », la vieillesse également). Le juvénile serait le paradigme de ces différents moments de l’existence où le sujet doit traverser une zone de turbulence. Nous retrouvons dans ce mouvement la prédominance du pulsionnel, quelques voies d’issues émergeront autour de la sublimation et de la créativité avec tous les aléas des acting.

L’évènement juvénile est une proposition qui nous est faite pour parler de ce « work in progress » de l’adolescence. Il donne à l’infantile une valeur nouvelle, une traduction nouvelle. Les auteurs abordent le juvénile en correspondance avec l’adolescence comme l’infantile en lien avec l’enfance.

L’évènement juvénile serait le surgissement d’un nouveau qui n’était pas pensable jusque-là. Il nécessite un après-coup, à partir du moment où quelque chose fait rupture et a une valeur traumatique.  Il n’y a pas de juvénile sans puberté. Le cas d’Emma Eckstein, cette jeune fille de 17 ans que reçoit Freud en 1897 pour des symptômes de conversion, est développé au début du livre. Il permet d’ouvrir et de développer cette thématique.

Ce petit bleu nous amène par sa richesse aussi bien clinique que dans les domaines de la littérature et du cinéma à illustrer remarquablement notre propre expérience de thérapeute, l’accompagner, la soutenir et l’étayer.  Les références sont multiples et nous transportent aussi bien dans le monde littéraire de Joseph Conrad (la ligne d’ombre,) de Philip Roth (exit le fantôme), de Shakespeare (Hamlet) que dans le monde cinématographique de Sofia Coppola (Lost in translation), Gus Van Sant (Paranoid Park). Elles mettent en perspective notre clinique et les processus créatifs. 

Il s’agit ici d’une véritable plongée dans ce mouvement troublant où le sujet est en prise avec un remaniement libidinal que l’on retrouve aussi bien dans les cures des jeunes que chez les adultes.

Les mouvements transférentiels et contre-transférentiels sont toujours en toile de fond. Les auteurs nous aident à penser cette traversée adolescente ressentie par les deux protagonistes, analyste et analysant, lors de ce travail où le juvénile prédomine, cet événement qui met en jeu le corps sexué et pose une nouvelle fois au sujet la question du possible.

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