Le moi, cet incorrigible

 

Auteurs du livre :
Jacques André
Patrick Guyomard


Revue : n°25 décembre 2015

Auteur de l'article : Renate Eiber


Le moi, cet incorrigible, Paris, Presses Universitaires de France, 2014, ISBN 978-2-13-061740-2, 165 p.

La complexité de sa structure fait du moi, être de frontière, plus qu’une structure. Dans la cure, à côté du transfert, la correction du moi s’opère par le travail du site analytique, sous-tendu par l’inconscient du moi. Les aspects du transfert, dans les cas où les forces hostiles et les résistances inconscientes du moi sont au premier plan, se caractérisent par un transfert sur personne car l’analyste est confondu avec l’objet. L’atteinte des capacités du moi constitue une entrave au fonctionnement psychique. Le Moi, aux prises avec la répétition qui est elle-même sous-tendue par la pulsion de mort, résiste au transfert puisque la répétition constitue une menace. Mais le moi est aussi un objet où le sujet se perd et se nie lui-même.

Particulièrement intéressante est l’approche d’un moi vieillissant, peu abordé dans la littérature. La question se pose de ce qui est ravivé lors de cette expérience originale de vieillissement, jamais vécue auparavant, puisque différents temps coexistent dans le moi. La vieillesse ne peut être réduite aux préoccupations actuelles ; le sujet âgé reste en capacité à mobiliser une vie fantasmatique.

Le moi est aussi le lieu de travail de métaphorisation, superposable au travail de rêve. La métaphore implique une mobilité psychique, mise à mal dans la clinique contemporaine, caractérisée par une déconnection entre mots et choses. Le travail de métaphore du moi exige la figurabilité.

Sur le plan génétique, le moi naît, à partir d’un moi primordial morcelé, par le je dont la construction assure l’unification et le renforcement du moi. La peur de l’étranger individualise le moi par le biais d’un non-objet. Bien que la ligne de démarcation entre moi et je soit difficile à identifier elle correspond à un positionnement du sujet.

Dans la crise compulsive, le moi est sous l’emprise du surmoi entrainant son affaiblissement, car il est destitué de son pouvoir, et peu différencié du surmoi. Il s’agit d’un conflit entre le ça et le surmoi où le moi est exclu.

Le constat final est qu’il est impossible de corriger le moi sans corriger la notion elle-même.

 Publié le 16 décembre 2015

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