Le divan familial n°34 : Le corps familial de la métaphore au concept

 

Revue : n°24 juin 2015

Auteur de l'article : Martin Joubert


Le divan familial n°34 : Le corps familial de la métaphore au concept. In Press, Paris 2015,  ISBN : 978 2 84835 3

Comme son nom l’indique, Le divan familial est la revue de la société française de thérapie familiale psychanalytique. Ce numéro reprend les interventions d’un colloque de 2014 : « Corps, couple, famille ».

Anne Loncan s’interroge sur les analogies entre corps individuel et corps familial tandis que la régression groupale, à l’œuvre dans les thérapies familiales, favorise la pensée métaphorique. L’analyste est sollicité lui-même directement dans son corps (P. Robert)

Divers aspects d’une clinique contemporaine sont évoqués : la sexualité adolescente dans la famille (F. Baruch), l’obésité (Schwailbold et Cuynet), le don d’ovocytes (Levy et Gomes), l’Interruption volontaire de grossesse (Le Clef), dans leurs relations à l’institutionnel.

Armelle Hours propose une élégante vignette clinique d’un enfant de 8 ans suivi dans un groupe conte. Elle montre la possibilité de travailler par moments dans l’illusion d’un espace privé à deux à l’intérieur du groupe, moment transitoire nécessaire ici à l’intégration réelle au groupe.

Alberto Konechickis repère dans une séance familiale, comment un mouvement de l’enfant dans la pièce peut être un élément de l’associativité manifeste. Il s’appuie sur ses travaux antérieurs sur les identifications corporelles du bébé liées au mouvement, lequel constitue une activité psychique primaire dans laquelle le bébé dessine l’espace psychique ; « trace les contours de l’espace et du temps ».

Les prises en charge de couple font apparaître l’importance des traumas sur leur organisation (S. Arpin) au point que les corps peuvent en être absents comme remplacés par un pacte idéologique et dénégatif (M. Sommantico). La prise en charge groupale peut alors amener à la reviviscence d’expériences primaires dans le couple (Rissone et Tartari).

L’incestuel dans le fonctionnement familial fait surgir la figure du « monstre » (A.M. Guehria), fruit d’amours interdites qui provoque effroi et sidération. « Lorsque le monstre paraît », c’est quelque chose d’une intériorité honteuse de la famille qui se trouve dévoilée : l’alliance inconsciente qui assigne au sujet cette place. Un cas clinique illustre la manière dont les soignants peuvent être amenés à leur tour à cette alliance dans la création d’un néo-groupe qui autant qu’il la répète peut néanmoins en permettre le dépassement.

Jean Louis Surgen remarque dans le roman de François Mauriac « Génitrix » (inspiré du personnage de sa mère), comment l’auteur « emprisonne le lecteur dans une identification forcée par le partage du vécu corporel » pour lui faire éprouver quelque chose de l’étouffement de la relation d’emprise incestuelle dans laquelle vivent mère et fils ; et cela jusqu’au-delà du décès de la mère, identification narcissique mortelle dont la traversée s’avèrera nécessaire au travail de deuil. La séduction narcissique favorise le maintien d’un corps à corps sans qu’un espace potentiel puisse s’établir entre eux : « entre elles et les périls de l’ombre –écrit Mauriac- s’était interposé derrière la cloison, le sommeil rauque de son chéri » (cloison qui sépare et réunit les deux lits…). Surget fait l’hypothèse que l’écriture permet à Mauriac de se dédoubler et d’accéder à une nouvelle individuation. 

Publié le 16 juillet 2015

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