Freud avec les écrivains

 

Auteurs du livre :
Edmundo Gomez Mango
Jean-Bertrand Pontalis


Revue : n°23 décembre 2014

Auteur de l'article : Renate Eiber


Freud avec les écrivains, Paris, Gallimard, 2012, ISBN 978-2-07-013165-5, 400p.

Le lecteur germanophone est charmé du style littéraire des écrits psychanalytiques de Freud, cependant différent de celui  des travaux neurologiques. Les auteurs montrent le double don de Freud : à la fois chercheur et poète. Ce don s’est manifesté très tôt dans sa vie : il a été premier dans la quasi-totalité des classes du lycée et a eu mention « excellente » à la dissertation en allemand au baccalauréat.

Freud aimait beaucoup la littérature. Sa bibliothèque comprenait deux mille livres de tous horizons. Certains auteurs de la grande littérature l’ont plus particulièrement influencé, mais il s’est toujours refusé de confondre la littérature et la psychanalyse. Il savait ce qu’il devait à la littérature. Freud s’est servi de l’écriture romanesque comme instrument de description, surtout des rêves, établissant ainsi un lien entre psychanalyse et langage.

Les auteurs mettent, à juste titre, l’accent sur la difficulté de la traduction du mot « Dichtung » (poésie). C’est elle qui caractérise l’élaboration psychique.

Les auteurs mettent en exergue les écrivains qui ont influencé l’œuvre de Freud et pas seulement ceux qu’il a lu, car Freud a été depuis sa jeunesse un lecteur passionné. Ainsi, Shakespeare a largement imprégné Freud, mais ce dernier puise surtout dans Goethe la source de ses concepts. Schiller a enrichi le mot « Trieb » (pulsion). Heine, apparenté à la famille de sa femme, l’a inspiré pour le mot d’esprit. Jensen a suscité avec Gradiva son intérêt pour l’archéologie. En Schnitzler, Freud a vu un double à éviter car le double provoque l ’inquiétante étrangeté dont Hoffmann lui a permis la conceptualisation. Bien que Freud ait apprécié l’œuvre de Dostoïevski, il n’a pas saisi le psychologue en lui, selon les auteurs. Entre Rolland, S. Zweig et Freud existait une admiration réciproque de leurs écrits. Par rapport à Mann, c’est d’abord Freud qui l’a influencé. Mann avait d’ailleurs, au départ, des grandes résistances envers la psychanalyse.

Au total, ce livre, très agréable à lire, nous fournit des éléments extrêmement intéressants des rapports entre Freud et les écrivains.

 

05.12.2014

 

 

Sorry, the comment form is closed at this time.

   

Société Psychanalytique de Paris
21 rue Daviel – 75013 Paris
E-mail : spp@spp.asso.fr
Tél. : 01 43 29 66 70

© 2013 Société Psychanalytique de Paris
Responsable de la publication : Vassilis Kapsambelis
Directeur de publication : Denys Ribas