Figures et destins du traumatisme

 

Auteurs du livre :
Claude Janin


Revue : n°25 décembre 2015

Auteur de l'article : Renate Eiber


Figures et destins du traumatisme, Paris, Puf, 2015, ISBN 978-2-13-063124-8, 150 p.

Le trauma a opposé Freud, qui l’a abordé sous l’angle du psychique, à Ferenczi, qui, lui, l’a traité d’un point de vue matériel, événementiel. Cette opposition se traduit par le fait que le trauma se situe au carrefour du dedans et du dehors. C’est là que la transitionnalité de Winnicott en assure l’issue. L’autre apport important est celui de Vidermann qui articule réalité, trauma et histoire. Il en découle deux figures du traumatisme : la détransitionnalisation de la réalité et la non qualification des vécus psychiques. Beaucoup d’événements s’inscrivent dans le psychisme sans concrétions fantasmatiques constituant ainsi le noyau traumatique du moi. La rencontre de l’événement avec les fantasmes entraîne le collapsus de la topique interne, source de l’inquiétante étrangeté.

La genèse du traumatisme s’effectue en trois étapes : d’abord, le noyau froid du traumatisme par atteinte du narcissisme, puis le noyau chaud par une sexualisation du premier temps, la troisième étape, survenant après la puberté, est le traumatisme paradoxal constitué des deux noyaux. L’élaboration du traumatisme réside dans un travail de construction du traumatisme afin de permettre son historicisation par le patient. Dans ce travail intervient le problème de la représentation par le traumatisme et la représentation du traumatisme dans laquelle l’objet joue un rôle capital. Une situation particulière est le rêve qui peut permettre une construction d’une réalité psychique et c’est ainsi que la cure devient antitraumatique. Ce processus passe par l’auto-érotisme en établissant une continuité. Dans le travail de la cure, c’est la mise en absence du réel qui opère la création du psychique. Il en découle le problème de l’hyperréaliste par les images des écrans ne permettant pas la symbolisation de l’absence.

Un cas particulier est la survenue du traumatisme chez l’analyste caractérisée par la partition de la réalité. Cela peut se produire lors d’une cure, d’une supervision ou encore dans les échanges inter analytiques.

Publié le 16 décembre 2015

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