Éviter les émotions, vivre les émotions

 

Auteurs du livre :
Antonino Ferro


Revue : n°28 mai 2017

Auteur de l'article : Renate Eiber


Ferro Antonino, Éviter les émotions, vivre les émotions, Montreuil-sous-Bois, Les Éditions d’Ithaque, 2014, ISBN 978-2-916120-48-5, 263 p.

Ce livre, très clair et didactique, nous introduit à la lecture bionienne du matériel du patient, approche particulièrement utile dans la clinique contemporaine. En effet, l’auteur nous montre comment repérer les éléments β, les transformer en éléments α et développer la fonction α du patient ainsi que l’implication de l’analyste dans cette transformation.

L’auteur considère le matériel du patient comme un « dérivé narratif de la pensée onirique de la veille » qui fonctionne comme porteur d’émotion du champ analytique. La pensée onirique de veille de l’analyste et du patient sont en constante interaction permettant l’introjection de la fonction α. A partir de là s’opèrent plusieurs types de transformations dans un jeu avec le patient, le sens et l’analyste aboutissant à une créativité qui mène à une ouverture par le biais de nouvelles significations. La fonction α génère la pensée onirique de veille à travers une séquence d’éléments α en constante élaboration.

Leurs interactions sont à la base de la théorie du champ. Dans la notion du champ de Madeleine et Willy Baranger, le patient et l’analyste sont deux lieux en mouvement permanent. Ici, il a deux types de fonction onirique : celle de la pensée onirique de la veille, continue, et celle du rêve nocturne, discontinue. La rêverie correspond au contact profond avec la pensée onirique de veille. Le dérivé narratif de la pensée onirique de veille est à la base de toute communication. Identification projective et rêverie jouent un rôle central dans ce modèle aboutissant à la formation du contenu et au développement de la rêverie. Le champ, fonction du couple analytique, est l’espace-temps où se produit l’alphabétisation des proto-émotions et le développement de la fonction α du contenant. Contrairement au dérivé narratif, la pensée onirique reste inconnaissable. L’auteur insiste sur l’activité réparatrice naissant à l’intérieur du champ et dans la pensée onirique de l’analyste. Le champ possède de nombreuses voies d’expression qui permettent à l’analyste de suivre les mouvements du patient et de s’adapter à ce dernier. Ce travail sous-tend un appariement psychique, dont le plus typique est l’hétérosexualité psychique : l’un pénètre et l’autre se laisse pénétrer ; contenant – contenu. Ces mêmes configurations psychiques peuvent aboutir à une multitude de « dérivé narratifs ». C’est le scenario du champ actuel qui est le lien de transformation. Les autres appariements sont témoin d’un dysfonctionnement.

Rénate Eiber (octobre 2016)

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