Entrelacs. Résonances transférentielles

 

Auteurs du livre :
Annie Franck


Revue : n°27 décembre 2016

Auteur de l'article : Simone Sausse-Korff


Franck Annie, Entrelacs. Résonances transférentielles, Ed. Hermann, 2015, 142 p., ISBN : 978 2 7056 9117 2

Annie Franck propose avec ce livre une écriture psychanalytique extrêmement originale, qui consiste à écrire sur la page de gauche le récit clinique du patient, avec les réflexions théoriques et les associations de l’analyste, mais qui reste dans une linéarité discursive, tandis que sur la page de droite s’inscrit un texte beaucoup plus personnel, les échos éveillés dans le transfert, éléments d’une commune création.

Comment transcrire en effet, et comment transmettre au lecteur, les mouvements transférentiels et contre-transférentiels d’une cure, les entrelacs qui se tissent entre l’analyste et l’analysant. W.R. Bion, déjà, s’était heurté à ce problème, disant que l’outil dont nous disposons, le langage, est insuffisant et inadéquat pour rendre compte des processus qui se déroulent lors des séances, et qu’il faut trouver d’autres modalités d’appréhension des phénomènes psychiques qui se déroulent dans une séance. Les pages d’Annie Franck sont une belle illustration de la « capacité de rêverie de la mère » préconisée par Bion.

Le procédé d’Annie Franck est en lien avec l’hypothèse de « la coexistence et l’interpénétration constante de modes psychiques hétérogènes ». C’est une tentative de s’approcher de l’Originaire, toujours inaccessible, de Piera Aulagnier, que l’auteur connaît très bien.

Comme dans ses ouvrages précédents, Annie Franck fait une large part à des références artistiques – poésie, littérature, cinéma, peinture – qui nourrissent sa pensée et apparaissent comme des éléments du processus psychanalytique.

« Le procédé a ses limites », dit Annie Franck elle-même. En effet, l’ouvrage est dans un entre-deux, aux charnières d’une écriture psychanalytique et littéraire, ce qui est, on le sait, un exercice périlleux. Les pages de droite donnent lieu parfois à un commentaire d’une exposition de peinture, comme avec Maryan, ou la présentation d’un auteur. On a l’impression alors de s’éloigner du patient, même si ces réflexions sont étroitement inscrites dans les interactions intersubjectives. Le contre-transfert doit toujours être au service de la compréhension du transfert, dans un mouvement d’aller-retour. Annie Franck explore des modalités insolites de ces mouvements qu’elle appelle entrelacs.

 

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